07.10.2017, 00:01  

La Catalogne frappée au portefeuille

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CaixaBank, la première banque de Catalogne et troisième d’Espagne, étudie un transfert aux îles Baléares, une région voisine.

 07.10.2017, 00:01   La Catalogne frappée au portefeuille

Par par MATHIEU DE TAILLAC, Madrid

Madrid encourage les entreprises à quitter une région qui pourrait faire sécession mardi prochain. Par ailleurs, la Suisse a proposé sa médiation dans la crise.

La déclaration d’indépendance de la Catalogne, si elle a lieu, attendra 24 heures. Après la suspension par la Cour constitutionnelle de la séance plénière du Parlement régional prévue lundi prochain, le président catalan, l’indépendantiste Carles Puigdemont, a demandé à s’exprimer devant cette même assemblée mardi prochain. Alors que la séance de lundi s’inscrivait dans le cadre de la loi...

La déclaration d’indépendance de la Catalogne, si elle a lieu, attendra 24 heures. Après la suspension par la Cour constitutionnelle de la séance plénière du Parlement régional prévue lundi prochain, le président catalan, l’indépendantiste Carles Puigdemont, a demandé à s’exprimer devant cette même assemblée mardi prochain. Alors que la séance de lundi s’inscrivait dans le cadre de la loi sur le référendum, elle-même suspendue par la Cour, la comparution de Puigdemont suit le règlement ordinaire, toujours en vigueur, du Parlement catalan. Nul ne connaît le déroulement de la journée de mardi.

Dans le bloc hétéroclite des sécessionnistes, les radicaux poussent à déclarer l’indépendance au plus vite, quelles que soient les conséquences judiciaires, tandis que les modérés cherchent une issue de secours qui apporte un peu de calme en Catalogne.

Une fuite des entreprises?

L’option d’une déclaration à effet différé, qui proclamerait la souveraineté du Parlement ou du peuple catalan mais reporterait l’indépendance au terme d’un processus constituant, fait partie des idées étudiées.

Car la simple perspective d’une déclaration unilatérale produit déjà des décisions drastiques de très grandes entreprises catalanes. La banque Sabadell, deuxième établissement financier de Catalogne et cinquième d’Espagne, a annoncé sa décision de fixer son siège à Alicante, dans la région voisine de Valence. CaixaBank, première banque de Catalogne et troisième d’Espagne, est une véritable institution en Catalogne. Elle étudie un transfert aux îles Baléares, autre région voisine qui partage également la culture et la langue catalanes.

Le conseil d’administration de Freixenet, leader de la production de cava, le champagne local, devait se réunir hier après-midi pour débattre d’un déménagement de son siège hors de Catalogne. Le conseil d’administration de Gas Natural, l’un des leaders du secteur énergétique, a, lui, déjà choisi un départ du siège de l’entreprise pour Madrid.

Accélération des transferts

Le gouvernement espagnol a adopté hier un décret qui devrait accélérer ces transferts. Le texte établit que la décision de l’adresse du siège social revient par défaut au conseil d’administration. Les entreprises comme CaixaBank, dont les statuts prévoient un vote de l’Assemblée générale, sont libérées de cette obligation.

Elles devront réformer ces statuts si elles souhaitent que l’Assemblée conserve cette faculté. Le ministre de l’Économie, Luis de Guindos, n’a pas dissimulé son objectif d’aider les entreprises à quitter rapidement la Catalogne. «Les politiques irresponsables du gouvernement catalan provoquent un climat d’incertitude qui conduit les entreprises à prendre des décisions», a-t-il déclaré.

D’autre part, quatre personnes étaient convoquées hier matin par l’Audience nationale, le plus haut tribunal pénal espagnol, accusées par le parquet de sédition, un délit passible de quinze ans de prison. Le chef des Mossos d’Esquadra, la police régionale catalane, son intendante et les dirigeants des deux grandes associations indépendantistes sont sortis libres. La juge en charge de l’affaire se réserve la possibilité de les convoquer à nouveau, dans l’attente d’un rapport du parquet. LE FIgaro

La Suisse propose sa médiation

La Confédération a indiqué, hier, être en contact avec «les deux parties» en conflit en Espagne afin de trouver «une résolution pacifique» à la crise catalane. «Les conditions pour une facilitation ne sont en ce moment pas réunies», a dit le Département fédéral des Affaires étrangères. «Une facilitation ne peut se faire que si les deux parties le demandent.» Le DFAE se refuse à tout commentaire supplémentaire sur les discussions en cours, car, selon rts.ch, une trop grande transparence pourrait compromettre tout le processus. La Confédération pourrait aussi être accusée de partialité et risquerait de se mettre à dos l’un des deux camps avec, à la clé, de possibles représailles ou sanctions. A noter que le système fédéral suisse pourrait servir de modèle pour redéfinir l’autonomie de cette région. réd


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