27.09.2017, 00:01  

«Ici, j’ai le sentiment d’être chez moi»

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Dans les locaux de la Haute école de musique, en vieille ville sédunoise, Rennosuke Fukuda fait rayonner son talent.

 27.09.2017, 00:49   «Ici, j’ai le sentiment d’être chez moi»

SION Le Concours Menuhin dévoilait hier son programme. Rennosuke Fukuda a remporté ces «Olympiades du violon» en 2014 et étudie depuis à la Haute école de musique. Rencontre avec un prodige.

Quand Rennosuke Fukuda foule d’un pas leste les pavés sédunois, rien, ou presque, ne le distingue du commun des passants. Si ce n’est son étui à violon qu’il emporte partout avec lui et qui contient son instrument signé Nicolaus Gagliano, daté de 1773, et qui est une récompense obtenue à la suite de son sacre à Austin au Concours...

Quand Rennosuke Fukuda foule d’un pas leste les pavés sédunois, rien, ou presque, ne le distingue du commun des passants. Si ce n’est son étui à violon qu’il emporte partout avec lui et qui contient son instrument signé Nicolaus Gagliano, daté de 1773, et qui est une récompense obtenue à la suite de son sacre à Austin au Concours Menuhin en 2014. Presque un graal… Car le Concours Menuhin est la plus prestigieuse compétition pour jeunes violonistes au monde (cf. encadré) et a révélé les talents de Tasmin Little, Nikolaj Znaider, Julia Fischer ou Ray Chen, entre autres stars aujourd’hui planétaires. Une récompense qui lui a fait changer de vie, de continent et de culture et qui l’a amené à poser ses valises à Sion à l’âge de quinze ans.

Sion, ville de Violon

«Après le prix Menuhin, je suis venu ici pour suivre l’enseignement de Pavel Vernikov», explique-t-il, alternant entre l’anglais et le français avec une fluidité étonnante – sachant qu’il y a trois ans, il ne parlait que le japonais. Il faut dire que le jeune homme a plutôt bien absorbé le dépaysement.

Et s’établir dans la capitale valaisanne fait sens, tant la ville rayonne à l’échelle internationale en tant que pôle d’excellence pour l’étude des instruments à cordes. Grâce, notamment, à l’héritage laissé par Tibor Varga et à l’implantation de la Haute école de Musique – qui compte 60 étudiants de 21 nationalités – et où enseigne le directeur artistique du Sion Festival.

««J’étais différent des autres»»

«A vrai dire, même au Japon, je ne me sentais pas très japonais. J’étais différent des autres, je crois. Peut-être moins «sérieux», sourit Rennosuke. Installé dans l’une des salles de la Haute école de musique, en vieille ville, il plonge son regard à travers la fenêtre, au-dessus des toits. «Ici, on est entouré par de magnifiques bâtiments qui portent une histoire. La musique est directement liée à tout cela. Au Japon, c’est… différent.» Né dans la ville d’Okayama, il se souvient peu de ses premiers contacts avec son instrument à l’âge de trois ans, ni du premier concours remporté à 4 ans… «Ma mère me raconte que je ne lâchais jamais mon violon. J’en jouais tout le temps…»

Un Travail de titan

«Avant de venir à Sion, j’avais cette routine: lever à 5 heures, devoirs, école jusqu’à 16 heures puis, après un goûter, je travaillais mon violon jusqu’à 23 heures.» Un travail titanesque pour un jeune homme qui admet volontiers «détester les exercices». Mais c’est là le prix à payer pour le type d’excellence atteinte par Rennosuke. «Je travaille encore mon instrument entre cinq et six heures par jour. Pour ça, je suis effectivement très japonais…» Dans un sourire un peu gêné, il confesse n’avoir pas pris de vacances depuis ses 5 ans.

Une faculté d’absorption rare»

L’américaine Stephanie Gurga, pianiste, claveciniste et accompagnatrice à la Haute école de musique, qui a fait répéter un nombre impressionnant de pointures internationales, situe le niveau où évolue Rennosuke. «A deux ou trois occasions, j’ai eu ce sentiment très clair de jouer avec un prodige. C’est le cas avec lui. Il réagit à ce que l’autre joue, l’absorbe et le projette dans son jeu instantanément. C’est rare.»

Rare, comme la détermination à toute épreuve dont fait preuve Rennosuke Fukuda. «Si je travaille autant, c’est parce que je veux devenir un musicien connu. Pour que les gens viennent m’écouter. Ce que j’aime, c’est cette sensation, une fois le concert achevé, quand les applaudissements retentissent. Ça veut dire que les gens sont heureux. C’est ça, mon but.»

 

Concours Menuhin

Du 12 au 22 avril 2018.

Plus d’infos sur le site:

www.menuhincompetition.org

Menuhin: plus qu’un concours

Après Londres, Pékin, Austin et Cardiff, ce sera au tour – et pour la première fois – de la ville de Genève d’accueillir du 12 au 22 avril 2018 le Concours Menuhin. Lors de la conférence de presse de présentation, hier, les instances organisatrices rappelaient l’ampleur de cette compétition biennale pour jeunes violonistes, souvent qualifiée de «Olympiades du violon».

Ainsi, 44 prodiges venus du monde entier viendront croiser les archets dans un esprit qui dépasse celui d’un simple concours et qui se positionne également comme un festival, offrant de nombreux concerts, des master class avec, notamment, les éminents membres du jury international et des événements éphémères en lien direct avec le tissu socioculturel régional. Les candidats sélectionnés seront connus début 2018.


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