02.10.2017, 16:30  

Course à pied: Sierre-Zinal ne craint pas de retombées négatives après l'affaire Mamu

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Petro Mamu pourrait être au départ de Sierre-Zinal en 2018. A condition que les organisateurs l'invitent.

 02.10.2017, 16:30   Course à pied: Sierre-Zinal ne craint pas de retombées négatives après l'affaire Mamu

Dopage - Le contrôle antidopage de Petro Mamu, vainqueur de Sierre-Zinal en 2016, quatrième en août, est dommageable pour la course à pied mais ne devrait pas avoir de conséquences directes pour la course valaisanne.

Petro Mamu, quatrième de Sierre-Zinal en août dernier, vainqueur en 2016, était-il réellement propre lorsqu’il a couru en Valais? Le doute est désormais permis dès lors que l’Erythréen, 32 ans, a subi un contrôle antidopage positif lors des Mondiaux de course de montagne à Premana (Italie), le 6 août dernier. Soit une semaine avant... Sierre-Zinal.

«Quelle déception! lâche Vincent Theytaz, président du comité d’organisation de la Course des Cinq 4000. Ne soyons pas naïfs non plus! Le...

Petro Mamu, quatrième de Sierre-Zinal en août dernier, vainqueur en 2016, était-il réellement propre lorsqu’il a couru en Valais? Le doute est désormais permis dès lors que l’Erythréen, 32 ans, a subi un contrôle antidopage positif lors des Mondiaux de course de montagne à Premana (Italie), le 6 août dernier. Soit une semaine avant... Sierre-Zinal.

«Quelle déception! lâche Vincent Theytaz, président du comité d’organisation de la Course des Cinq 4000. Ne soyons pas naïfs non plus! Le risque existe, la suspicion était déjà là. C’est pour cette raison que nous payons de notre poche les contrôles des deux vainqueurs, chaque année. Le coût (ndlr: 2000 francs) n’est pas anodin pour nous. Il nous arrive aussi d’en faire de façon aléatoire. Il n’est donc pas exclu que Petro Mamu ait déjà été dopé en août, chez nous. C’est gênant. Par contre, nous sommes tranquilles pour 2016 parce qu’il a été contrôlé.»

La fédération a retenu la thèse de la négligence

Véritable icône dans le milieu des courses de montagne, Petro Mamu avait remporté l’épreuve longue distance de ces Mondiaux en Italie, une semaine après avoir terminé cinquième sur la courte distance. C’est ce jour-là, le 6 août, qu’il a donc été contrôlé positif au Fénotérol, un produit interdit. L’Erythréen s’était défendu en expliquant avoir pris ce médicament pour soigner une bronchite.

La Fédération internationale d’athlétisme l’a évidemment déchu de son titre mondial. Elle ne l’a toutefois suspendu que neuf mois, jusqu’au 18 juin 2018, parce que la thèse de la négligence a été retenue. Il pourra donc courir en Valais en août 2018. Quant à savoir s’il sera le bienvenu... «A chaud, j’ai envie de vous dire qu’il serait préférable qu’il aille courir ailleurs, répond le responsable. Dans mon comité, les avis seront partagés. Idéalement, il faudrait assurer son contrôle quel que soit son rang. Mais ce serait quand même un comble de payer 1000 francs pour être sûr qu’il soit propre. C’est un cas de conscience qu’on étudiera à tête reposée.»

Sierre-Zinal aura-t-il à pâtir de cette affaire qui le touche indirectement? «Il est facile de faire des amalgames mais je ne suis pas inquiet pour notre course, assure Vincent Theytaz. Je ne crains pas l’accueil des sponsors. Il n’a pas été contrôlé positif chez nous. En outre, nous consacrons un budget pour les contrôles. C’est le coureur qui est montré du doigt, pas la course.» 

Un cas isolé, pas une généralité

Tarcis Ançay, ancien vainqueur de Sierre-Zinal – en 2006 –, ancien directeur de course, déplore les conséquences pour l’épreuve valaisanne. «Il ne faut pas en faire une généralité, ça reste un cas isolé, prévient-il. Il n’y aura pas de retombées véritablement néfastes à long terme. Mais c’est dommage que ça touche directement Sierre-Zinal. Ce n’est pas bon pour notre épreuve, ce n’est pas bon pour la course à pied.»

Cesar Costa, 12e de Sierre-Zinal, va dans le même sens. «Il y a quelques années, Elisa Desco avait déjà été suspendue. Depuis, ça s’est tassé. Cette affaire-là sera aussi vite oubliée mais pour nous, les coureurs régionaux, qui nous nous entraînons durement et travaillons à côté, ça fait mal. Je regrette que nous n’ayons pas tous les mêmes valeurs. Heureusement qu’il y a des contrôles. Ils sont d’ailleurs assez nombreux.»  

Le Martignerain n’est pas autrement surpris. «Entre coureurs, ses performances nous interpellaient, assure-t-il. La première fois que je l’ai côtoyé, c’était lors du semi-marathon d’Aletsch en 2016. Il m’avait mis six minutes dans les derniers kilomètres. C’est regrettable qu’on se dope dans des courses où il n’y a rien à gagner. Une erreur, ça peut arriver. En l’occurrence, à son niveau, je n’y crois pas trop. Neuf mois, ce n’est pas normal. Les suspensions devraient être plus longues si l’on veut éradiquer le dopage et faire des exemples.»

RÉACTIONS

TARCIS ANÇAY
Ancien vainqueur de Sierre-Zinal, ancien directeur

«Je ne crois pas à la négligence»

«Je ne crois pas à la négligence. Un sportif qui prend un produit interdit, pour moi, c’est qu’il triche. J’admets qu’on puisse être malade. Mais si c’est le cas, on ne court pas. Je ne le connais pas directement mais il a réalisé des performances hallucinantes. Le risque, avec de telles affaires, c’est qu’on se mette à douter de tout. Il faut à tout prix lutter contre ce fléau. Longtemps, on a dit que les Africains n’avaient pas besoin de se doper parce qu’ils couraient naturellement plus vite que les Blancs. Or, il y a désormais quelques cas, et non des moindres, qui créent le doute.»

EMMANUEL LATTION
49e de Sierre-Zinal en 2017

«Neuf mois de suspension, ce n’est pas assez sévère»

«Je suis très triste pour notre sport, triste aussi que cette affaire concerne un ancien vainqueur de Sierre-Zinal. Le vainqueur de cette course, c’est quelqu’un qu’on admire et qu’on respecte. Elle entache un peu notre course. Je suis surtout déçu par la sanction de neuf mois; elle n’est pas assez sévère. Ça veut dire qu’en 2018, il pourra de nouveau courir en Valais. Et ça, à titre personnel, ça me dérange. Ce n’est pas normal. Cette suspension, trop courte, renvoie aussi une mauvaise image de notre sport. Nous ne sommes pas dupes non plus. On sait que ça existe.»


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