01.06.2017, 00:01  

Les sensations retrouvées

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Florian Clivaz est en avance sur ses temps de passage de 2014 lorsqu’il avait battu son record sur 100 m  en 10’’46.

 01.06.2017, 00:01   Les sensations retrouvées

Par Johan Tachet

ATHLÉTISME - Florian Clivaz est de retour en Suisse après une année et demie passée en Allemagne. Si l’expérience sportive fut mitigée, le Valaisan y revient plus en forme que jamais.

Florian Clivaz court à toute vitesse. Sur la piste comme dans la vie. En passage éclair à Sion lundi pour une séance de physio, le sprinter valaisan exilé entre Berne et Macolin, a pris le temps de se poser quelques instants après un gros week-end de compétition. Le Grônard de 22 ans a réalisé son meilleur chrono de l’année...

Florian Clivaz court à toute vitesse. Sur la piste comme dans la vie. En passage éclair à Sion lundi pour une séance de physio, le sprinter valaisan exilé entre Berne et Macolin, a pris le temps de se poser quelques instants après un gros week-end de compétition. Le Grônard de 22 ans a réalisé son meilleur chrono de l’année sur 100 mètres en claquant un 10’’65 lors du meeting de Weinheim. «Par rapport à 2014 lorsque j’ai battu mon record personnel (ndlr: 10’’46), je suis en avance sur mes temps de passage», sourit le Valaisan qui retrouve son meilleur niveau après deux saisons délicates.

Expatrié en Allemagne durant une année et demie afin de poursuivre sa progression, Florian Clivaz a finalement choisi de revenir au pays durant l’hiver. «C’était une bonne expérience. Si c’était à refaire, je le referais. Mais avec le temps et la réflexion, la méthodologie d’entraînement ne me correspondait pas.» A Mannheim, le Valaisan a travaillé sous les ordres de l’entraîneur germano-russe Valerij Bauer qui coache également notamment Mujinga Kambundji. «Le sprint est individuel et il n’y a pas qu’une seule manière pour aller vite. Ce qui marche pour certains, ne fonctionne pas pour d’autres. Personnellement, je me suis abandonné dans ce que Bauer m’inculquait et j’ai oublié mon instinct de course. Lorsque l’on commence à faire des maths à la place de courir, ça ne peut plus aller droit.»

Apprendre dans la difficulté

Durant sa période germanique, le Valaisan le plus rapide de l’histoire sur la ligne droite n’a fait mieux que 10’’63, lui qui a connu plusieurs blessures avec une saison blanche en 2015 et un œdème à la hanche l’été dernier. «Lorsque tu es éloigné des pistes, tu te rends compte de l’impératif des résultats et du soutien de ton entourage. Parfois, j’entendais des gens dire que j’étais fini pour le sprint à 21 ans. Mais ces remarques permettent de te créer une carapace, de gagner en maturité et d’accéder à la performance.»

Grâce à son périple à l’étranger, le jeune athlète du GG Bern s’est beaucoup instruit. Sur lui notamment. «Avant, j’étais persuadé que le plaisir je le retrouvais uniquement à travers les résultats. Désormais, j’apprécie également la quête de la performance à travers le chemin à parcourir pour y arriver.» Pour ce faire, Florian Clivaz a regagné la Suisse et une certaine indépendance de mouvement. Avec le statut d’athlète militaire, l’étudiant en droit s’entraîne 130 jours par année du côté de Macolin où il travaille sous les ordres d’Adrian Rotenbühler, l’homme qui le suit et le conseille depuis plusieurs années. Il l’avoue sans détour: «Depuis trois mois, je me retrouve.»«Les échecs mettent en lumière les défauts et permettent d’avancer. C’est ainsi que l’on grandit. Et je pense ainsi être plus fort qu’en 2014.»

Les Mondiaux de Londres avant les Universiades de Taipei?

Florian Clivaz se veut résolument ambitieux pour l’été à venir. Dans son viseur, les Universiades de Taipei (17-30 août) pour lesquelles un chrono de 10’’45 est exigé pour assurer une qualification. «Ce serait la cerise sur le gâteau.» Mais le Valaisan, qui participera ses prochaines semaines aux meetings de Bellinzone, Lucerne et d’Athletissima, voit plus vite: un 10’’38 qui lui permettrait déjà de composter son billet pour les championnats d’Europe 2018 à Berlin. Les Mondiaux de Londres trottent également dans un coin de la tête. Mais les prérequis étant trop élevés – une qualification sur le 100 m se monnaie en 10’’12 –, c’est avec le relais que l’athlète de Grône possède ses plus grandes aspirations internationales. Les Suisses possèdent le 11e temps de l’année (39’’11 à Weinheim avec Clivaz en dernier relayeur) si l’on ne tient compte que des chronos nationaux. «Pascal Mancini et Alex Wilson sont en toute grande forme. Avec des jeunes performants qui arrivent derrière, il y a moyen de réaliser quelque chose.»

Et à seulement 22 ans, Florian Clivaz possède encore une marge de progression importante. De quoi le conduire, avec ses collègues helvètes, aux Jeux de Tokyo 2020? Tous les rêves sont permis. jt


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