21.09.2017, 16:59

Flavien Antille: "Je peux prendre ma retraite sans regret"

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Flavien Antille participera à sa dernière compétition ce week-end à Sion lors des Championnats valaisans de concours multiples.

 21.09.2017, 16:59 Flavien Antille: "Je peux prendre ma retraite sans regret"

Décathlon Flavien Antille prendra sa retraite à l’issue des championnats valaisans de concours multiples ce week-end. Il a déjà entamé sa reconversion, puisqu’il est enseignant en maçonnerie à Sion.

Flavien Antille, multiple médaillé national – 43 médailles au total –, rangera ses pointes, son javelot et ses haies dimanche soir à l’issue des championnats valaisans de concours multiples qui se dérouleront à Sion. Tout fraîchement marié avec Elodie, le décathlète de 27 ans a déjà entamé sa reconversion puisqu’il est enseignant au centre de formation professionnelle commerciale et...

Flavien Antille, multiple médaillé national – 43 médailles au total –, rangera ses pointes, son javelot et ses haies dimanche soir à l’issue des championnats valaisans de concours multiples qui se dérouleront à Sion. Tout fraîchement marié avec Elodie, le décathlète de 27 ans a déjà entamé sa reconversion puisqu’il est enseignant au centre de formation professionnelle commerciale et artisanale dans le domaine de la maçonnerie à Sion depuis la rentrée. Le Martignerain va désormais écrire un nouveau chapitre de sa vie qu’il poursuit toujours à 1000 à l’heure, comme sur le tartan. Retour sur plus de quinze années de carrière.

 

 

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Quel sentiment vous anime avant votre ultime compétition?

Je n’ai pas trop eu le temps d’y penser car j’étais notamment plongé dans l’organisation de notre mariage et je n’ai donc pas été beaucoup au stade. J’ai repris la semaine dernière. Mais plus j’avance, plus je me dis: «Ah, ça c’est un truc que je ne ferai peut-être plus.» C’est un sentiment plutôt étrange.

Vous vous dites plutôt «enfin» ou «déjà»?

Je dirais «enfin» dans le sens où c’est la sensation qui m’anime lors de chaque mois de septembre lorsque s’approche la fin de saison. On se réjouit toujours d’arriver au bout, d’autant plus que c’était une saison à rallonge. Mais je ne peux pas dire «déjà». J’entends beaucoup de personnes qui évoquent qu’il est tôt pour prendre sa retraite sportive à 27 ans. Mais il y a d’autres choses dans la vie que le sport. Et j’estime avoir fait le tour de la question.

>> A lire aussi: le portrait de Flavien Antille

Vous avez passé vos quinze dernières années sur les pistes d’athlétisme. L’entraînement, les courses, l’adrénaline de la compétition ne vont pas vous manquer?

L’entraînement pas spécialement. Courir et même vomir après chaque séance le mercredi, j’ai donné (rires). Ce qui va réellement me manquer, c’est effectivement l’adrénaline des compétitions, vivre des grands championnats internationaux. Chaque fois que j’y revenais, je me réjouissais de m’entraîner pour le suivant.

Qu’avez-vous appris sur vous durant votre période d’athlète d’élite?

A perdre sans criser. Quand j’étais petit, j’étais le mauvais perdant numéro un. Bon peut-être numéro deux, car il y avait Vincent Guex, qui joue au hockey à Sion, qui était peut-être pire que moi (rires). Mais je ne supportais pas la défaite. Avec le temps, j’ai appris à prendre sur moi, à me calmer. Les côtés très zen et positif que je possède désormais, je les ai appris à travers le sport et surtout le décathlon.

Que vous a apporté le sport?

Non seulement des satisfactions sur le plan sportif, mais également sur le plan humain. J’ai eu la chance de participer à de nombreuses compétitions internationales, rencontrer des gens fabuleux d’Italie, de France, de partout. Des gens dont je sais qui m’accueilleraient si je me trouvais dans leur région en vacances. J’ai aussi appris l’allemand lors de mon année et demie passée à Zurich. Cela m’a ouvert les portes de l’enseignement aujourd’hui.

 

Flavien Antille est désormais enseignant en maçonnerie à Sion au centre de formation professionnelle commerciale et artisanale.
© Héloïse Maret

 

A 15 ans, lorsque l’on performe dans plusieurs disciplines, se sent-on invincible?

Adolescent, j’ai eu une croissance rapide et je me suis donc vite retrouvé devant les autres. Toutefois, j’ai travaillé pour rester au haut niveau lorsque certains se reposaient sur leurs acquis et ne progressaient plus. Une fois que j’ai participé à ma première compétition internationale, j’ai tellement apprécié que je me suis remis au boulot pour la suivante. Je me suis fixé chaque saison des objectifs pour avancer. Mais à 15 ou 16 ans, on ne pense pas à faire carrière. Rien n’est prévisible car une blessure est vite arrivée, tout comme la démotivation. Dès mes débuts, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur un employeur compréhensif qui m’a laissé beaucoup de liberté.

Quel bilan dressez-vous de votre carrière?

J’ai fait mes choix et j’ai toujours été au bout de mes convictions. Des fois cela a passé, des fois pas. Le bilan est donc plus que positif. J’ai autant de fierté de dire que j’ai participé à plusieurs coupes d’Europe de concours multiples que de dire que j’ai été champion valaisan même si pour certains cela peut paraître bateau. Mais je ne vais pas me cacher d’avoir eu une belle carrière. Je peux me retirer du haut niveau sans regret.

 

 

Sans regret, vraiment?

J’en aurais peut-être qu’un seul: ma non-participation aux Européens de Zurich en 2014. J’étais premier des listes de la fédération en décathlon et elle avait droit à des invitations. Elle a décidé de ne pas en distribuer. Sur le coup ce fut dur à encaisser car j’avais beaucoup investi. J’avais décidé de partir à Zurich alors que j’étais déjà en couple pour me concentrer exclusivement sur mon objectif.

Vous quittez le sport d’élite, mais vous ne resterez cependant pas trop loin des stades d’athlétisme.

Effectivement, je serai impliqué dans les cadres romands et valaisans. Je vais aussi m’engager auprès de mon club du CABV Martigny, mais je ne sais pas encore dans quelle mesure. Je ne vais malheureusement pas pouvoir satisfaire tout le monde comme je le souhaitais. Je viens d’arrêter le sport de haut niveau en passant 20 heures par semaine à l’entraînement alors ce n’est pas pour en faire autant deux mois après ma retraite. Mais j’aimerais rendre à l’athlétisme valaisan ce qu’il m’a donné.


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