01.06.2017, 00:01  

Une zone euro parfaite en 2025

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Pierre Moscovici a présenté hier un document illustrant des pistes possibles pour approfondir et achever l’Union économique et monétaire d’ici 2025.

 01.06.2017, 00:01   Une zone euro parfaite en 2025

Par Tanguy Verhoosel

La Commission européenne présente ses idées pour approfondir l’Union économique et monétaire à horizon 2025.

Tirant les leçons de la crise économique et financière, qui a mis à jour les faiblesses de la zone euro, tout en surfant sur la vague du Brexit, de la renaissance de l’union franco-allemande et des tensions avec les Etats-Unis, qui pousse les Européistes à l’audace, la Commission européenne a tracé hier plusieurs pistes en vue de parachever l’Union...

Tirant les leçons de la crise économique et financière, qui a mis à jour les faiblesses de la zone euro, tout en surfant sur la vague du Brexit, de la renaissance de l’union franco-allemande et des tensions avec les Etats-Unis, qui pousse les Européistes à l’audace, la Commission européenne a tracé hier plusieurs pistes en vue de parachever l’Union économique et monétaire à l’horizon 2025.

«Il est temps de repasser à l’offensive», a commenté le Commissaire aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, en présentant le «document de réflexion» de l’exécutif communautaire.

«L’euro est déjà un symbole d’unité et une garantie de stabilité pour les Européens. Nous devons à présent en faire un vecteur de prospérité partagée. Ce n’est qu’en supprimant les divergences économiques et sociales dans la zone euro que nous serons en mesure de vaincre le populisme dangereux qu’elles alimentent», a poursuivi le Français.

«Trésor de la zone euro»

Trois autres objectifs sous-tendent les propositions de Bruxelles: réduire la vulnérabilité du secteur financier européen aux crises, accroître les «capacités de stabilisations collectives» de la zone euro, afin de pouvoir absorber de futurs chocs, rendre la gouvernance de l’eurozone plus efficace et plus démocratique.

Dans ce contexte, la Commission suggère d’accorder la priorité à l’achèvement de l’Union bancaire et de l’Union des marchés de capitaux, toutes deux en chantier, d’ici aux élections européennes de juin 2019.

Ce n’est qu’à partir de 2020 que les réformes les plus ambitieuses – et polémiques – devraient être décidées, estime la Commission.

Bruxelles évoque notamment la possibilité de créer un «Trésor de la zone euro», dirigé par un super-ministre qui cumulerait les fonctions de président de l’eurogroupe (l’enceinte ministérielle des Dix-Neuf) et de commissaire européen en charge des affaires économiques et financières.

Fonds monétaire européen

Trois missions pourraient être confiées à ce Ministère de la zone euro: d’une part, la surveillance économique et budgétaire des Etats, qui serait renforcée (un lien plus ferme serait établi entre l’octroi d’aides européennes et la mise en œuvre de réformes structurelles au niveau national, entre autres); d’autre part, la coordination de l’émission par l’eurozone de nouveaux «actifs sans risque», comparables aux bons du Trésor américains, enfin, la gestion d’un «mécanisme de stabilité macro-économique», une sorte de budget – on dit «capacité budgétaire» – propre au club de la monnaie unique destiné à atténuer les chocs économiques. Il pourrait par exemple être mis à contribution pour garantir la continuité des investissements publics en cas de ralentissement de la croissance.

Parallèlement, la Commission suggère de transformer le Mécanisme européen de stabilité, l’actuel fonds de sauvetage de la zone euro, en un Fonds monétaire européen.

L’exécutif communautaire sait qu’il marche sur des œufs. L’Allemagne, en particulier, demeure rétive à l’établissement d’un budget propre à la zone euro (dont tous les Etats de l’UE, sauf le Danemark, sont censés devenir membres un jour) et, surtout, à l’émission d’eurobonds – on dit «instruments de dette commune» – qui se substitueraient, en partie du moins, aux obligations souveraines.

L’éventuelle mutualisation des dettes nationales «suscite d’intenses débats», reconnaît la Commission, en notant que «certains craignent qu’elle dissuade les Etats de mener des politiques économiques vertueuses». Allo Athènes? Ici Berlin…

Taux de chômage au plus bas depuis huit ans

Le taux de chômage en avril dans la zone euro s’est porté à 9,3%, son niveau le plus bas depuis mars 2009, selon une première estimation publiée hier par l’Office européen des statistiques Eurostat. L’inflation dans la zone euro a, elle, fortement ralenti en mai, à 1,4%, bien en dessous de l’objectif de 2% de la Banque centrale européenne (BCE). En avril, le taux d’inflation annuel des 19 pays ayant adopté la monnaie unique avait atteint 1,9%. Le ralentissement de l’inflation en mai avait été anticipé par les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur une hausse des prix à la consommation de 1,5%.

Une inflation légèrement inférieure à 2,0% sur un an est considérée par la BCE comme un signe de bonne santé de l’économie, car il correspond selon elle à la définition de la stabilité des prix. Le taux enregistré au mois de mai devrait conforter la BCE dans sa politique accommodante rendant l’argent bon marché.

En ce qui concerne le taux de chômage, le chiffre d’avril est en baisse de 0,1 point par rapport à mars. Il est aussi inférieur à celui anticipé par les analystes de Factset (9,4%). De grandes disparités persistent parmi les pays de la zone euro, entre les taux très faibles enregistrés en Allemagne (3,9%) ou à Malte (4,1%) et ceux de la Grèce (23,2% en février), et de l’Espagne (17,8%). ats


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