01.06.2017, 00:01  

Un mercredi noir pour l’Afghanistan

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La déflagration qui a fait trembler la capitale afghane, hier matin, a creusé un cratère de quatre mètres de profondeur.

 01.06.2017, 00:01   Un mercredi noir pour l’Afghanistan

Par EMMANUEL DERVILLE

Un violent attentat a frappé, hier, le quartier qui abrite les ambassades, à Kaboul.

Le quartier qui abrite les ambassades à Kaboul est le théâtre régulier d’attentats spectaculaires. Mais l’explosion qui a secoué la capitale afghane, hier matin, dépasse tout ce que les habitants ont connu depuis la chute des talibans en 2001.

D’après les autorités, un camion-citerne bourré d’explosif a détoné devant l’ambassade allemande, soufflant les vitres et éventrant le bâtiment, sur...

Le quartier qui abrite les ambassades à Kaboul est le théâtre régulier d’attentats spectaculaires. Mais l’explosion qui a secoué la capitale afghane, hier matin, dépasse tout ce que les habitants ont connu depuis la chute des talibans en 2001.

D’après les autorités, un camion-citerne bourré d’explosif a détoné devant l’ambassade allemande, soufflant les vitres et éventrant le bâtiment, sur cette rue très fréquentée à cette heure de pointe. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a indiqué qu’aucun diplomate n’avait été tué. «Il y a plusieurs autres enceintes importantes et des bureaux à proximité. Il est difficile de dire quelle était la cible exacte», a dit un porte-parole de la police de Kaboul.

En revanche, l’un des gardes afghans est mort, première victime d’une longue liste qui s’établissait hier soir à au moins 90 tués et 400 blessés.

Les talibans nient

Autour du point d’impact régnait un paysage de mort: sol couvert de gravats, corps en sang, blessés traumatisés, voitures transformées en épaves… Face à l’urgence, le ministère de l’Intérieur a appelé la population à des dons de sang dans les hôpitaux.

L’explosion a creusé un cratère d’environ quatre mètres de profondeur. Ce 31 mai restera comme l’une des dates les plus meurtrières de la guerre civile qui ravage l’Afghanistan depuis plus de trente ans. Les dirigeants afghans ont par ailleurs vivement condamné l’attentat. Pour le président Ashraf Ghani, il s’agit d’un «crime de guerre». «Ces terroristes continuent de tuer des innocents même pendant le mois sacré de Ramadan», s’est-il indigné. «Nous sommes pour la paix mais ceux qui nous tuent pendant le mois sacré de ramadan ne méritent pas d’être appelés à faire la paix, ils doivent être détruits», a lancé pour sa part le chef de l’exécutif afghan, Abdullah Abdullah, sur Twitter.

Le porte-parole des talibans afghans a démenti toute responsabilité, allant même jusqu’à condamner l’attaque: «Nos moudjahidines ne sont pas impliqués et ils ne sont d’ailleurs pas autorisés à perpétrer une explosion aussi violente dans une zone aussi mal définie», clame-t-il dans un communiqué rédigé dans un anglais approximatif.

Trump sous pression

Quel que soit le responsable, cette frappe terroriste met la pression sur Donald Trump pour un envoi de renforts américains. Une décision doit être rendue publique dans les prochaines semaines. Avant son élection, le locataire de la Maison-Blanche avait pourtant plaidé pour un retrait des troupes, sur Twitter. Une opinion sur laquelle il semble être revenu depuis son arrivée au pouvoir, tant les forces afghanes sont à la peine.

L’attentat illustre les failles des services de sécurité. Alors que Kaboul regorge de barrages, le véhicule piégé est entré dans un quartier censé être le plus sécurisé de l’agglomération. Et à travers le pays, les talibans contrôlent toujours 11% des districts, d’après le dernier rapport trimestriel du Sigar, l’organisme américain de contrôle de l’aide financière en Afghanistan. Depuis le départ du gros des troupes de l’Otan, en 2014, l’armée américaine maintient 8400 soldats sur place, en particulier des instructeurs et des forces spéciales.

Le chef de la coalition en Afghanistan, le général Nicholson, a demandé au Congrès en février l’envoi de quelques milliers de conseillers militaires en plus pour aider les forces afghanes à reprendre le terrain perdu et, peut-être, pousser les talibans à négocier. le figaro - ats

Un bureau suisse touché par l’explosion à Kaboul

Le Bureau du développement et la coopération suisse (DDC), qui se situe à proximité du quartier touché par l’attentat à Kaboul, a subi quelques dégâts, a annoncé hier le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il n’y a en revanche aucune indication sur de potentielles victimes suisses.

La forte explosion a brisé de nombreuses fenêtres dans le bâtiment. Toutefois, «les employés de l’agence se portent bien», a précisé un porte-parole du DFAE. Il a annoncé que, pour l’instant, il n’y avait pas d’informations selon lesquelles des Suisses auraient été touchés par l’attaque.

Le chef de la diplomatie helvétique Didier Burkhalter a exprimé son soutien aux employés du bureau de la DDC. Le DFAE a condamné l’«attaque méprisable» à Kaboul dans les termes les plus forts. ats


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