07.10.2017, 00:01  

Macron peut souffler

Abonnés
chargement
Le président français devra attendre avant de pouvoir se réjouir d’une décrue du chômage. Keystone

 07.10.2017, 00:01   Macron peut souffler

FRANCE - La conjoncture vient sauver un président sous le feu des critiques, notamment de gauche.

Bonne nouvelle pour Emmanuel Macron. Le président de la République, dont la politique économique est très contestée – notamment à gauche – va sans doute pouvoir s’appuyer sur une conjoncture meilleure que prévu. C’est ce qu’a annoncé jeudi l’Institut National de la Statistique (Insee), qui anticipe une croissance de 0,5% lors des troisième et quatrième trimestres de 2017....

Bonne nouvelle pour Emmanuel Macron. Le président de la République, dont la politique économique est très contestée – notamment à gauche – va sans doute pouvoir s’appuyer sur une conjoncture meilleure que prévu. C’est ce qu’a annoncé jeudi l’Institut National de la Statistique (Insee), qui anticipe une croissance de 0,5% lors des troisième et quatrième trimestres de 2017. Au total, le PIB progresserait de 1,8% sur l’année, contre 1,6% anticipé. Une amélioration sensible, alors que la croissance est restée cantonnée autour de 1% lors des trois dernières années.

Cette reprise s’explique pas plusieurs facteurs. «D’abord, il y a l’amélioration de l’environnement international», analyse Mathieu Plane, économiste. «Notamment en Europe, avec la fin des politiques de consolidation budgétaire, une politique monétaire accommodante, et aussi un pétrole qui demeure bon marché.» En zone euro, la croissance devrait atteindre 2,2% en 2017, contre 1,7% en 2016.

Le legs de Hollande

Sur le plan intérieur, l’hexagone pourrait enfin tirer les bénéfices des mesures pour la compétitivité initiées sous le quinquennat Hollande. Une embellie qui devrait permettre au gouvernement de réaliser son objectif de ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB. En revanche, le commerce extérieur devrait demeurer le talon d’Achille de l’économie française, avec 62,7 milliards de déficit prévu en 2017, soit 15 milliards de plus qu’en 2016.

Surtout, cette amélioration ne devrait pas faire sensiblement reculer le chômage dans un premier temps. Le taux de chômage, qui était à 9,5% en juin, devrait se situer à 9,4% à la fin de l’année, soit une baisse très faible. Le ministre de l’Economie Bruno Lemaire, a lui-même reconnu qu’il faudrait «plusieurs années», pour voir des résultats.

Là encore, les causes sont diverses. D’abord, la fin de la prime à l’embauche: entre janvier 2016 et juin 2017, les PME de moins de 250 personnes qui embauchaient un salarié bénéficiaient d’une prime de 500 euros par trimestre. «Il y a sans doute eu un effet d’aubaine, si bien que les chefs d’entreprises ont fait beaucoup de leurs embauches prévues durant cette période, estime Mathieu Plane. Du coup, la croissance risque d’être un peu moins riche en emplois pendant quelques temps.»

Autre facteur: la diminution d’emplois aidés. Alors qu’il y en avait 459 000 en 2016, ils ne seront plus que 310 000 en 2017, et 200 000 en 2018. De quoi contrebalancer la création d’emplois marchands, qui se poursuit cependant à un rythme soutenu (208 000 emplois créés en 2017). Macron devra donc attendre, avant de pouvoir se réjouir d’une décrue du chômage. Paris, Benjamin Masse


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top