01.06.2017, 00:01  

L’affaire Ferrand, premier couac de l’ère Macron

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Le ministre français Richard Ferrand, visé par des soupçons  de favoritisme.

 01.06.2017, 00:01   L’affaire Ferrand, premier couac de l’ère Macron

Par Paris, Benjamin Masse

Premiers nuages sur la présidence Macron, qui s’était jusque-là déroulée sous un ciel bleu azur. Des accrocs liés au spectre des affaires, qui plane au-dessus de certains membres du gouvernement.

Un premier dossier concerne Marielle de Sarnez, la secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes. Avec dix-huit autres eurodéputés, elle est visée par une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour...

Premiers nuages sur la présidence Macron, qui s’était jusque-là déroulée sous un ciel bleu azur. Des accrocs liés au spectre des affaires, qui plane au-dessus de certains membres du gouvernement.

Un premier dossier concerne Marielle de Sarnez, la secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes. Avec dix-huit autres eurodéputés, elle est visée par une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour «abus de confiance». Le soupçon, qui fait suite à une dénonciation par Sophie Montel, une élue du Front National, concerne d’éventuels emplois fictifs d’assistants parlementaires au Parlement Européen.

Mais une seconde affaire paraît encore plus embarrassante pour le nouvel exécutif. C’est celle qui concerne le ministre de la cohésion des territoires, Richard Ferrand, le ministre de la Cohésion des territoires. La semaine dernière, le «Canard Enchaîné» révélait que l’ancien député socialiste du Finistère aurait fait profiter plusieurs de ses proches de contrats avec les Mutuelles de Bretagne, lorsqu’il en était le directeur général, entre 1998 et 2012.

Ce mardi, «Le Monde» allait encore plus loin dans les révélations: en 2012, en tant que député, Ferrand aurait en effet poussé une proposition de loi favorable aux mutuelles, et ce alors qu’il était toujours salarié par les Mutuelles de Bretagne. Des informations que le ministre n’a pas démenties mais dont il a tenté de minimiser la portée. «Je réfute et condamne tous les soupçons implicites», écrivait-il dans un communiqué publié mardi. «Le climat de suspicion entretenu de façon continue est profondément dommageable pour notre démocratie dès lors qu’il est constamment réaffirmé (…) qu’il n’existe aucune manœuvre frauduleuse ou quelconque illégalité.» Selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, le président, Emmanuel Macron, aurait déclaré durant le Conseil des ministres d’hier matin, que «les choses ne vont pas forcément bien lorsque la presse devient juge.»

Pas inquiété par la justice

Richard Ferrand, il est vrai, n’est pour l’heure l’objet d’aucune procédure judiciaire. Il n’en reste pas moins que l’affaire tombe mal pour Macron, qui avait axé sa campagne sur une exigence de renouvellement des hommes, mais aussi des pratiques. Une loi de moralisation de la vie publique est d’ailleurs dans les cartons du ministre de la Justice, François Bayrou. Si elle devait au départ être présentée avant les législatives, elle ne le sera finalement qu’entre les deux tours. Un report qui, selon l’exécutif, ne serait cependant pas lié aux derniers développements de l’affaire Ferrand.

Pour l’heure, ces soubresauts ne semblent pas avoir eu d’impact fondamentalement négatif sur l’opinion, à dix jours du premier tour des élections législatives. Selon un récent sondage Sofres-Kantar pour RTL, la République en marche est ainsi créditée de 31% des intentions de vote, soit un total de 320 à 350 députés, qui lui permettrait d’obtenir la majorité absolue à l’assemblée. Mais, si le feuilleton Ferrand devait se poursuivre, la question de sa démission – demandée par le Front National et certains membres des Républicains – pourrait se poser rapidement. Certains proches du président plaident déjà pour cette solution radicale. Pour l’heure cependant, Richard Ferrand résiste toujours aux attaques. Paris, Benjamin Masse


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