04.10.2017, 00:01  

L’acteur qui aime jouer comme un enfant

Abonnés
chargement
L’acteur qui aime jouer comme un enfant

 04.10.2017, 00:01   L’acteur qui aime jouer comme un enfant

Par joel.jenzer@LENOUVELLISTE.CH

SIERRE - Jean-Pierre Gos

«Sur Wikipédia, quelqu’un a mis que j’étais un acteur français.» Et pourtant, Jean-Pierre Gos est suisse. Il est même né à Martigny, là où son illustre père, l’écrivain et alpiniste Charles, avait posé ses valises à la fin des années 40. Jean-Pierre Gos navigue sur les écrans depuis des décennies, jouant tantôt pour Luc Besson («Jeanne d’Arc»), tantôt dans...

«Sur Wikipédia, quelqu’un a mis que j’étais un acteur français.» Et pourtant, Jean-Pierre Gos est suisse. Il est même né à Martigny, là où son illustre père, l’écrivain et alpiniste Charles, avait posé ses valises à la fin des années 40. Jean-Pierre Gos navigue sur les écrans depuis des décennies, jouant tantôt pour Luc Besson («Jeanne d’Arc»), tantôt dans «Vidocq», aux côtés de Depardieu en 2001. Normal dès lors que l’on puisse penser qu’il soit un acteur français.

Le comédien, bien suisse, mène son nouveau projet à Sierre, du côté du TLH, en compagnie de Célina Ramsauer, dans «Déjà-vu», un duo en paroles et en chansons (lire l’encadré). Et en toute simplicité. Car le bonhomme n’est pas du genre à bomber le torse. «Nous nous sommes rencontrés et deux semaines après, elle m’envoie un SMS: «Quand est-ce qu’on fait notre truc?» Et je dis «Mais quel truc?» Et elle me dit: «Ben, le spectacle!». Bon, je ne savais pas...»

Il préfère de loin le cinéma

Voici donc Jean-Pierre Gos embarqué dans cette nouvelle aventure. Le comédien a déjà joué de nombreuses pièces, mais c’est avant tout devant une caméra qu’il s’éclate. «Je préfère le cinéma. De loin! Quand j’étais encore élève, Soutter m’a mis la première fois devant une caméra. Il avait une carte blanche, il a fait un truc dans son genre, très éthéré, hermétique, pour le moins. On ne savait pas ce qu’il y avait avant et après, on avait juste nos feuilles, avec mon copain. J’ai vu ce gros truc devant moi et je suis tombé dedans et je n’ai plus jamais pensé à autre chose.»

Sans dénigrer le théâtre – le milieu d’où il vient – l’acteur n’est jamais tant heureux que lorsqu’il tourne un film. «Pour moi, ça rejoint plus le jeu d’un enfant que le théâtre. Le théâtre, entre guillemets, c’est sérieux: on commence à huit heures et demie et on n’a plus le droit de se tromper jusqu’à dix heures.»

Du dessin satirique à la scène

A ses débuts, Jean-Pierre Gos s’est orienté vers la bande dessinée. «Je faisais des dessins d’humour, dans des journaux. Des gros nez. Comme je faisais le hippie, je gagnais 800 francs par mois avec les dessins de la «NZZ». Puis en 74, il y a eu la grosse récession pétrolière, tous les journaux sont devenus minces et les rubriques rigolotes ont disparu.»

Sur les traces d’une amie qui faisait du théâtre amateur à Fribourg, Jean-Pierre Gos change de voie. Il s’engage sur scène avec Gisèle Sallin. «Quand, à la fin, les gens ont applaudi, je me suis dit: «Ah, ça, ça me plaît!» Cette reconnaissance immédiate. Les dessins, des fois, ça faisait six mois avant que quelqu’un en dise quelque chose... Ma motivation, c’est les applaudissements, c’est un peu égoïste.»

L’apprenti comédien suit ensuite les cours de l’ESAD à Genève, avant de se retrouver dans le grand bain.

REndez-vous Chez altman

En parcourant la longue filmographie de Jean-Pierre Gos, on tombe sur des réalisateurs parfois prestigieux. Mais comment fait-on pour passer du théâtre amateur fribourgeois à Robert Altman? L’acteur rit. Avant d’expliquer son incroyable aventure survenue en 1990. «J’avais réussi à avoir un agent à Paris. Et les agents travaillent avec les directrices et directeurs de casting. Un jour, mon agent m’appelle pour me dire que Robert Altman voulait me voir. Il avait vu des photos de moi. Je suis arrivé à la Gare de Lyon et j’ai pris un Temesta pour me calmer!»

Arrivé au bureau du grand réalisateur, ce dernier lui dit de lui parler en anglais. Dix jours plus tard, retour à Paris, il poireaute des heures dans un immense appartement, avant que Robert Altman passe et lui serre la main. «Il m’a juste dit en anglais: «Alors, à bientôt!» Et voilà, je suis rentré à Genève... J’ai fait sept heures de train juste pour qu’il me touche la main!» (Rires.)

Jean-Pierre Gos figurera au générique du film d’Altman «Vincent et Théo». Au cinéma et à la télé, il occupe les écrans depuis des années, tout en alternant avec des spectacles. Il n’aura jamais rêvé d’être une star. «C’est drôle, je me suis rappelé de cela il y a une semaine ou deux: j’ai à peu près eu tout ce que j’avais envie d’avoir quand j’étais jeune. Alors, je ne peux que dire merci, je n’ai pas de quoi être déçu ou frustré... Mais j’en veux plus, évidemment! Je ne vais jamais dire non!» (Rires.)


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top