07.10.2017, 08:00  

Comment le Tohu-Bohu pourra rester en vie

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Les Coconut Kings en début de soirée sur la scène du Tohu-Bohu, le samedi 9 septembre. Un blues caniculaire refroidi par une météo peu clémente.

 07.10.2017, 08:00   Comment le Tohu-Bohu pourra rester en vie

Musique - Après une édition en partie boudée par le public et plombée par la météo, l’organisation fait le point sur les défis à relever.

C’était au soir du jeudi 7 septembre, à Veyras. Une nuit que beaucoup attendaient comme historique. Temples, Franz Ferdinand… les deux têtes d’affiche avaient remporté à l’annonce de la programmation une large adhésion qui ne s’est pas vérifiée durant cette édition du Tohu-Bohu. Et un samedi maussade et pluvieux avait presque achevé l’optimisme d’une organisation qui disait entrevoir un futur «au conditionnel» pour le festival et qui se laissait un mois de réflexion. Rendez-vous pris.

Un mois...

C’était au soir du jeudi 7 septembre, à Veyras. Une nuit que beaucoup attendaient comme historique. Temples, Franz Ferdinand… les deux têtes d’affiche avaient remporté à l’annonce de la programmation une large adhésion qui ne s’est pas vérifiée durant cette édition du Tohu-Bohu. Et un samedi maussade et pluvieux avait presque achevé l’optimisme d’une organisation qui disait entrevoir un futur «au conditionnel» pour le festival et qui se laissait un mois de réflexion. Rendez-vous pris.

Un mois après, le directeur Lionel Martin livre l’état actuel des réflexions qui animent le comité et les pistes qui se dessinent pour maintenir le Tohu-Bohu en vie. Car avec un bilan provisoire pas aussi catastrophique qu’initialement craint – moins de 50 000 francs de déficit sur un budget de 750 000 francs – tout reste possible. A certaines conditions. 

Rentabiliser l’infrastructure 

Depuis 2016, le Tohu-Bohu s’étire sur trois jours, ajoutant le jeudi au traditionnel week-end. Car avec une grande scène de cette dimension, cette soirée permet en plus – ce fut le cas en 2016 avec Patrick Bruel – de couvrir les frais.

«C’était une vraie surprise de voir que Franz Ferdinand n’a pas rencontré l’adhésion du public. Il faudra donc programmer un jeudi qui soit orienté plus populaire, moins dans l’ADN de base du Tohu, quitte à jouer la carte du décalage.» Côté positif, le Tohu-Bohu a professionnalisé le personnel au bar et a considérablement augmenté le ratio achat de marchandises/recettes. «Ça peut avoir une incidence à la baisse sur le prix du billet et, du coup, faciliter la venue du public.»

Séduire la jeunesse et retrouver le public de proximité 

«Quand on a lancé le Tohu-Bohu, la jeunesse de la région attendait vraiment ça. Aujourd’hui, difficile de définir les attentes des 18-25 ans», analyse Lionel Martin. Effectivement, la question se pose pour nombre de festivals. Le Pully For Noise a sombré l’an passé faute d’avoir pu renouveler son audience. «Il semble que la musique seule, quelle que soit la qualité proposée, ne suffise plus à attirer les jeunes. L’expérience compte autant, si ce n’est plus, comme à Tomorrowland (ndlr: vaste institution électro belge aux décors impressionnants). On doit trouver de nouvelles pistes pour proposer plus que les concerts et les bars.»

Aussi, en affichant une identité de festival international, en augmentant le budget programmation et le prix des entrées, le Tohu-Bohu a perdu en ancrage local. «C’est un équilibre à trouver, peut-être le plus délicat, entre l’attractivité des artistes et le prix du billet. Nous devrons aussi plus intégrer une jeunesse qui a grandi avec le Tohu et qui s’implique dans d’autres sociétés locales.»

Etablir une convention avec la commune

Actuellement, le Tohu-Bohu bénéficie d’une subvention communale négociée d’année en année. Pour l’exercice 2017, elle se montait à 30 000 francs. «Une convention, même sur deux ou trois ans, permettrait de travailler de façon un peu plus sereine.»

Du côté de la commune, on soutient fortement le festival. «Cette édition mitigée nous a touchés par rapport à l’investissement consenti, aux bénévoles qui s’investissent qui ont été mal «payés» en retour», déclare le président Stéphane Ganzer. «La nouvelle optique axée sur des têtes d’affiche plus forte nous avait convaincus, mais on a vu qu’elle n’était pas une formule magique. Pour la commune, le Tohu-Bohu est une fierté, c’est clair. Mais on leur demande de résoudre une équation très délicate: être à la fois un festival international et une fête villageoise. Sans devoir faire un choix, il faudra peut-être réfléchir à plus intégrer les sociétés locales, les encaveurs, etc.» 

Le Zikamart de Fully: une même problématique et un nouveau concept

Face aux mêmes considérations – un jeune public volatil, des têtes d’affiche dont les cachets font prendre l’ascenseur au budget, deux soirées au prix d’entrée fixés en conséquence entre lesquelles les gens devaient faire un choix – et après une édition 2016 qui accusait un fléchissement de fréquentation, le Zikamart de Fully a dû totalement repenser son identité de festival.

Cette année, il se tiendra lors d’une soirée unique, le 28 octobre prochain. «Avec le passage à l’heure d’hiver, ce sera la soirée la plus longue de l’année», sourit Arthur Vocat, l’un des organisateurs. «On veut proposer une expérience nouvelle et utiliser pleinement le potentiel de la belle Usine qui, auparavant, quand on y entrait, devenait un festival indoor comme un autre.»

Partir du lieu et de ses potentialités... Du coup, le festival sera délimité en trois espaces: un club électro (la Salle des machines), une scène live centrale et ouverte sur 360 degrés (la Turbine) et un espace de calme (la Verrière) où seront proposées musiques funky et spécialités du terroir. Côté programmation, citons Finger Tanzen, Alice Torrent, Chapelier fou... De la découverte de haut vol. «La tête d’affiche, cette fois-ci, c’est le nom du festival...» 

 

 


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