15.12.2016, 00:01  

Les femmes se mettent à table

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Les femmes se mettent à table

 15.12.2016, 00:01   Les femmes se mettent à table

Par Estelle baur

POPULATIONS MIGRANTES - Installé dans le Haut-Valais depuis huit ans, le projet Femmes-Tische proposera bientôt un programme bas-valaisan.

Femmes-Tische est un programme national de prévention en matière de santé, d’éducation et d’intégration, qui a fêté ses 20 ans cette année. Il propose de réunir en petits groupes de discussion des femmes issues principalement du contexte migratoire. «Ce projet créé par des professionnels de l’intégration est maintenant implanté dans vingt-six régions de Suisse, explique Viviane Fenter, responsable de l’antenne Femmes-Tische Suisse romande. L’organisme régional cherche dans les communautés des personnes pour animer ces groupes de discussion, puis forme ces futures animatrices et leur donne les outils nécessaires au bon déroulement des discussions et à la compréhension des thèmes abordés. Puis c’est aux animatrices de chercher des participantes susceptibles d’être intéressées par les sujets traités.» Dès février prochain, un programme couvrant le Valais romand sera lancé par Promotion Santé Valais.

Approche pluriculturelle

Le projet s’inscrit dans une démarche participative où chacune est invitée à s’exprimer sur les thèmes proposés. Les femmes peuvent ainsi obtenir des informations dans leur langue maternelle, sur divers sujets et dans un climat convivial. «Le choix des thèmes se fait selon les besoins observés et les priorités du programme. Les thèmes touchent aussi bien à la santé de manière très directe (santé des jeunes enfants, des femmes, prévention du tabagisme et de la consommation d’alcool, santé mentale, alimentation et mouvement, etc.) qu’à des questions plus larges comme l’adolescence, les médias numériques, les relations avec l’école, l’assurance maladie ou le budget.»

Dans le contexte migratoire actuel, un tel projet permet également aux femmes de développer leur réseau social, les participantes originaires de divers points du globe étant souvent isolées: «Une des forces de ce programme, c’est qu’il se développe selon la réalité des communautés de chaque région», explique Viviane Fenter. Jasmin Cina, responsable du programme haut-valaisan, le confirme: «Actuellement, nous avons des participantes tibétaines, bulgares, anglaises, slovènes, érythréennes, péruviennes, égyptiennes, iraquiennes et mexicaines.» Pour surmonter les frontières linguistiques et culturelles, les animatrices travaillent avec du matériel principalement photographique et cherchent constamment à développer des supports adéquats.

Chez moi ou chez toi

Les thématiques abordées sont ainsi spécifiques aux besoins des groupes touchés. Le cadre où se tiennent ces discussions est aussi particulier, puisqu’il peut être «privé ou institutionnel». Un avantage certain, comme nous l’explique Jasmin Cina: «Lorsqu’une table ronde se déroule dans un lieu privé, cela signifie qu’une des participantes accepte de jouer le rôle d’hôtesse en invitant chez elle des femmes de son entourage susceptibles d’être intéressées par la rencontre. Elles peuvent échanger des informations directement dans leur langue maternelle. Si la table ronde est organisée en collaboration avec une institution, comme une maison de quartier ou un centre associatif, l’invitation se fait oralement ou par le biais de flyers.»

Un déroulement convivial

Concrètement, comment s’organise une rencontre? Jasmin Cina nous explique que «l’animatrice introduit la discussion sur le thème choisi par un photolangage, un court film ou un autre support qui permette d’amorcer les échanges entre les participantes. Le matériel utilisé, testé et validé par Femmes-Tische, est généralement mis à disposition dans la langue des participantes. Suit une longue phase de discussion menée par l’animatrice, dans la langue maternelle des femmes présentes.» Les participantes reçoivent des documents informatifs traduits qui leur permettent d’approfondir certains aspects. Les animatrices connaissent quant à elles les services sociaux, pédagogiques, médicaux ou juridiques de la région et peuvent, au besoin, en informer les participantes. «En fin de table ronde, elles bavardent librement et font plus ample connaissance pendant que l’hôtesse du jour offre quelque chose à boire. La prochaine rencontre peut être fixée à ce moment-là. Nous privilégions d’ailleurs une participation répétée.»

Une prestation ouverte à toutes (et bientôt à tous)

Pour y participer, aucune condition préalable n’est requise: «Chaque femme intéressée à échanger dans sa langue maternelle avec d’autres femmes de même culture sur un thème proposé est la bienvenue. Il est même possible d’amener ses enfants», explique Jasmin Cina. Dans le Valais romand, on peut s’adresser à Promotion Santé Valais, auprès de la responsable du projet, Aude Monnat. A noter que ces messieurs ne seront pas en reste puisque depuis deux ans, l’organisation tend à s’ouvrir aux hommes également: «Nous sommes conscients que les questions d’éducation et de santé passent aussi par les pères. C’est donc un axe que notre association souhaite développer pour les années à venir», explique Viviane Fenter.

Le Valais romand intègre le programme

Si le Haut-Valais possède une antenne depuis huit ans, le Bas-Valais aura également la sienne, dès le mois de février. Un événement important selon Jasmin Cina: «Nous pensons notamment organiser des rencontres entre les animatrices du Bas et du Haut-Valais.» Viviane Fenter s’en réjouit également: «C’est très riche pour nous d’avoir la perspective d’échange avec le Valais. Diverses thématiques très fortes sont bien connues dans ce canton et abordées avec beaucoup de professionnalisme, parce que différentes antennes de prévention et de promotion de la santé y sont présentes. Cela va permettre des synergies entre les centres de Suisse romande (ndlr: il y en a trois autres, à Bienne, Yverdon-les-Bains et Genève), ce qui nous permet d’échanger afin d’affiner nos approches et nos supports d’informations.»

 

Un site suisse romand pour les jeunes

Le site ciao.ch s’adresse aux jeunes entre 13 et 20 ans qui se posent des questions sur diverses thématiques telles que le stress, l’estime de soi, la sexualité, la consommation d’alcool, de tabac ou de drogue, l’alimentation, leur rapport aux autres, la violence, la formation, le travail et l’argent, les religions et les croyances, la discrimination et le racisme, bref, tout ce qui touche à la santé et à la vie sociale en général. Sur le site, quelque 1700 fiches rédigées par des spécialistes répondent à leurs questions. Les jeunes peuvent également tester leurs connaissances grâce à des quiz sur ces thèmes. Chaque mois, un forum est organisé en ligne pour leur permettre de débattre avec d’autres jeunes romands. Ils peuvent aussi se créer un profil anonyme et ainsi poser librement leurs questions. Des professionnels s’engagent à leur répondre dans les deux jours. De nombreuses informations sont d’ores et déjà disponibles sur le site.

www.ciao.ch

 

Association Bénévoles Valais

Les enfants exposent

L’association Bénévoles Valais sera présente au marché de Noël de Sion mercredi 21 décembre. Une trentaine d’enfants de deux classes de primaire des écoles sédunoises présenteront des dessins sur le thème «Quand je serai grand, je serai bénévole». Les passants pourront voter pour leurs croquis favoris. Il sera également possible de découvrir l’association à travers un test de connaissances sur le bénévolat et une roue de la fortune.

Plus d’infos sur: www.benevoles-vs.ch/valais/marche-noel-sion-406.html

 

 

 


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