02.09.2016, 06:30  

Patrick Bruel chavire le Tohu-Bohu de Veyras

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Patrick Bruel, très classe et généreux pour son concert du Tohu-Bohu.

Festival - Patrick Bruel a conjuré ce jeudi soir à Veyras le fantôme du rendez-vous manqué de Sion sous les étoiles il y a deux ans.

Premier constat en arrivant sur le site du Tohu-Bohu, le sentiment ressenti d’habitude ici même de gentiment appartenir à la catégorie des vétérans s’estompe vite lorsqu’on traverse le parterre. Les festivaliers habitués des lieux, usuellement fans de de reggae, ska-punk ou électro-rock, ont fait place pour un soir à une audience proportionnellement plus mûre. Et tout compte fait, la vision est assez réjouissante. Tohu Bohu élargit son rayonnement à la fois géographiquement et générationnellement. Deuxième constat, la densité humaine est impressionnante. Le site redimensionné - exit la deuxième scène et l’habituel village - et l’effet conjugué de la Bruelmania ont joué à plein pour faire de cette soirée un moment de communion comme le Tohu-Bohu en a peu connus.

Le music-hall, le métier

Il est en effet rare de voir le public s’agglutiner autant devant la scène alors que les techniciens s’affairent à installer et brancher le dispositif d’une tête d’affiche. Le groupe valaisan Macaô vient d’achever son set très bien mené et personne ne bouge quand les lumières s’éteignent. Et lorsque les musiciens de Patrick Bruel entrent en scène, la foule explose de joie. La voix du chanteur emplit les enceintes sur «Vous», déclaration d’amour au public, à laquelle succède «Alors regarde», «Je m’attendais pas à toi», «Je te l’dis quand même»... Du plus jeune au plus âgé, tout le monde chante. Chaque mot, chaque phrase, chaque refrain trouve un écho immédiat. A la fois classe et rock, pantalon cuir et costume trois pièces, Patrick Bruel est au diapason du set. Puissant, tout en guitares, très délicat, piano-voix, par instants. On sent vite le métier, l’école du music-hall, l’expérience de 30 ans de carrière - son premier album «De face» est sorti en 1986 -.

Clin d’œil au public, Patrick Bruel fait référence entre deux extraits de son  «best of» de la soirée au rendez-vous manqué d’il y a deux ans à Sion sous les étoiles. «On m’a proposé un festival en Suisse. J’ai demandé où c’était. On m’a dit en Valais. J’étais super heureux. J’avais une revanche à prendre. A Sion, on n’en menait pas large avec cette tempête. On était très tristes de devoir annuler.» La complicité installée, le chanteur improvise ensuite un «question-réponse» chanté avec les gens sur «Au Café des délices» et donne à cette première soirée du festival un parfum d’inoubliable.


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