17.02.2017, 00:01  

Elle rêve toujours en couleurs

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 16.02.2017, 23:27   Elle rêve toujours en couleurs

CÉCILE GIOVANNINI La peintre et illustratrice de Martigny multiplie les créations et les collaborations de prestige. Elle expose ces jours à Genève. Portrait.

«Des fois, je fais 5000 trucs en même temps. C’est comme des petites graines que je mets germer partout.» Cécile Giovannini conçoit son métier à l’image de son atelier de Martigny: à première vue, tout paraît mélangé et sens dessus dessous, mais l’artiste sait bien où elle va. Et elle va dans plusieurs directions, étant à la fois...

«Des fois, je fais 5000 trucs en même temps. C’est comme des petites graines que je mets germer partout.» Cécile Giovannini conçoit son métier à l’image de son atelier de Martigny: à première vue, tout paraît mélangé et sens dessus dessous, mais l’artiste sait bien où elle va. Et elle va dans plusieurs directions, étant à la fois peintre et illustratrice, elle œuvre pour sa production artistique ou pour des contrats commerciaux.

Elle produit ainsi des bandes dessinées, des tableaux, travaille avec des créatrices de bijoux ou conçoit des couvertures de romans ou des pochettes de disques, comme pour l’album de Yellow Teeth, «Rags and Pearls». «J’aime faire tout... et beaucoup de choses en même temps», raconte la jeune femme aux airs faussement timides.

Comme au bureau

Et dans l’immédiat, c’est à Genève qu’elle va, afin d’y présenter une exposition sur son travail d’illustration. «J’aime bien aller voir ailleurs, rencontrer de nouvelles personnes. Il y a beaucoup de créateurs et d’illustrateurs à Genève.»

Cécile Giovannini est sortie diplômée de l’EPAC (Ecole professionnelle des arts contemporains) de Saxon. Après avoir été prof là-bas, elle s’est retirée pour se consacrer entièrement à la création. «A un moment, il faut savoir prendre un risque, c’est ce que je suis en train de faire.» Elle se consacre donc à son art, œuvrant sans relâche dans son atelier. «J’ai dû m’imposer des horaires, un peu comme au bureau. Je travaille au moins six heures par jour.»

Magique ou terrifiant

A l’EPAC, sa directrice est devenue ensuite sa collaboratrice. Patrizia Abderhalden pose un regard plein de tendresse sur son ancienne élève et collaboratrice: «C’est une jeune femme très attachante, qui a beaucoup lutté pour arriver au statut artistique qu’elle a aujourd’hui. C’est une jeune artiste prometteuse, qui a un caractère bien trempé. C’est ce qu’il faut pour percer dans ce milieu, où il faut vraiment vouloir réussir.»

Cécile Giovannini aime dessiner des personnages, «ou des bouts de personnages». Souvent des figures féminines. «Un ami peintre m’a dit que j’étais dans le courant du réalisme mental: j’entre souvent dans la tête des gens, je me demande à quoi ils pensent, comment ils voient le monde, ce qui les touche, ce qui leur fait peur.» La jeune femme reconnaît qu’elle aborde souvent les mêmes thématiques, mais avec des techniques différentes. «Chacun a sa manière propre de raconter des histoires. Dans mes BD, il n’y a pas de textes, ce qui ressort, c’est mon travail sur les couleurs. La couleur est comme un langage. Avec les contrastes, on peut créer un malaise ou alors une chose agréable.»

Pour Cécile, finalement, «les artistes racontent toujours la même chose». Chez elle, ce qui revient souvent, ce sont des petites choses qui peuvent sembler des anecdotes. «C’est ce que je trouve le plus intéressant dans l’art ou dans la vie en général. Selon la manière dont on les interprète, cela peut devenir quelque chose de magique ou de terrifiant.»

Pour Cécile Giovannini, «la technique est importante, mais on peut être un très bon technicien sans être un bon artiste. L’important est de savoir comment tu mets tes qualités ensemble pour créer quelque chose d’efficace. C’est ça que j’ai le plus appris à l’école. On peut bien dessiner et n’avoir rien à dire».

Pour les minorités

Julia Hountou, responsable de la galerie du Crochetan, pense que l’artiste de Martigny a des choses à dire. Elle compte la prendre l’année prochaine au sein d’une exposition collective. «Je trouve que Cécile a un bel univers, un bel imaginaire. J’aime suivre les visions oniriques et poétiques qu’elle nous propose. Il y a quelque chose de très minutieux dans son travail... Il y a une unité dans ses différents dessins. Elle a une très jolie palette, une approche chromatique intéressante, avec une belle maîtrise des couleurs.» On en revient aux couleurs chères à l’artiste.

Aujourd’hui, Cécile Giovannini collabore avec des pointures comme David Lloyd, créateur de la célèbre série de BD «V comme Vendetta», le rappeur Disiz La Peste ou encore la peintre et illustratrice Liliana Salone. «Nous sommes les deux d’origine italienne.» Un autre projet lui tient à cœur, sur lequel elle travaille depuis un an. Un concept, monté avec plusieurs artistes, qui permettrait de donner la parole aux minorités par la voie artistique.

En attendant que cette jolie affaire se concrétise, cette admiratrice de Magritte, Wes Anderson, Frida Kahlo ou encore de Boris Vian poursuit son œuvre, inlassablement.

INFO +

Exposition «Bonjour Genève» – chez Foound, rue Jean-Gutenberg 16 à Genève, jusqu’au 1er mars. Présence de l’artiste les 18 et 25 février l’après-midi. Infos: www.foound.ch et cecile-giovannini.com


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