19.05.2017, 00:01  

Du maxi-rire intelligent

Abonnés
chargement
1/2  

 19.05.2017, 00:01   Du maxi-rire intelligent

JÉRÉMY FERRARI - Le Français, adepte de l’humour noir, met en scène le gala du Maxi-Rires, samedi, et présente son spectacle en clôture.

S’il est un humoriste qui se démarque sur la scène francophone, c’est bien Jérémy Ferrari. Dans son dernier spectacle, «Vends 2 pièces à Beyrouth», à voir au Maxi-Rires de Champéry le 27 mai en clôture de festival, le Français s’attaque à des sujets que peu de comiques abordent: la guerre, le terrorisme, les sujets qui, en principe, gênent plus...

S’il est un humoriste qui se démarque sur la scène francophone, c’est bien Jérémy Ferrari. Dans son dernier spectacle, «Vends 2 pièces à Beyrouth», à voir au Maxi-Rires de Champéry le 27 mai en clôture de festival, le Français s’attaque à des sujets que peu de comiques abordent: la guerre, le terrorisme, les sujets qui, en principe, gênent plus qu’ils ne font rire. Auparavant, le comédien et humoriste aura mis en scène le gala des 10 ans du Maxi-Rires, présenté par Anthony Kavanagh, gala qui ouvrira les festivités samedi soir. Champéry, Jérémy Ferrari connaît déjà: «Quand je suis venu jouer au festival, il y avait le gars de l’UDC, là, Freysinger. Je m’étais bien lâché sur lui!» raconte-t-il au téléphone.

Pas de sujets tabous

L’humoriste n’est pas du genre à éviter les sujets qui fâchent. Bien au contraire. Mais rire de la guerre et du terrorisme, est-ce un simple acte de provocation ou un rôle que se doit de tenir un artiste au sein de la société actuelle pour faire changer les mentalités? «Je ne pense pas qu’un artiste ait une mission. Mais pour qu’un paysage artistique soit réussi, il faut qu’il soit éclectique. Je pense qu’il faut de tout. En revanche, si l’on se dit engagé, il faut que ce le soit vraiment. Quand on va sur des thèmes comme le terrorisme ou la guerre, je ne crois pas qu’on puisse les aborder en cinq ou six minutes.»

Quand il élabore ses spectacles à thème – sur la religion ou sur la guerre – Jérémy Ferrari étudie la matière à fond. «Il y a beaucoup d’humoristes qui vont sur ces thèmes, finalement, mais comme ce n’est pas creusé, tout le monde dit la même chose: on s’inspire un peu de ce qui est dit dans les médias, de la bonne pensée, on s’inspire de ce qu’on a entendu à droite et à gauche, et puis on en fait un sketch. Le problème, c’est que souvent, on véhicule des idées qui sont fausses. On donne de l’eau au moulin aux clichés et à des versions qui sont écrites, souvent, par les gagnants. De temps en temps, il faut écouter les perdants, parce que souvent la vérité se trouve entre les deux.»

Jérémy Ferrari n’a pas peur. Il ne donne pas dans le politiquement correct quand il ose s’attaquer à des sujets comme les attentats du Bataclan, le conflit israélo-palestinien. Pour s’aventurer sur ce terrain sensible, il prône une méthode qui met en avant l’humilité et beaucoup de travail de renseignement en amont, en l’occurrence deux ans pour ce spectacle. «Quand on se met à travailler, ça veut dire qu’on est d’accord de dire «je ne sais pas», et je pense que dire cela, c’est le meilleur moyen de savoir.»

Quand il attaque Valls

Loin des rois du stand-up qui distillent vannes et bons mots gratuits ou des humoristes qui parlent de leur nombril ou de leur rasoir en panne, Jérémy Ferrari n’hésite pas à se lancer sur un terrain miné, avec de la provocation, mais en sachant ce qu’il raconte, même si tout cela reste de l’humour.

A la télé aussi, il s’est attaqué avec véhémence à Manuel Valls, en janvier 2016, alors que ce dernier était premier ministre. Un clash au sujet de la politique du gouvernement français face au terrorisme. «Il est arrivé avec une loi putassière jamais mise en place, fondée sur des propos du FN, parce qu’il voulait se servir de l’extrémisme religieux pour gagner des voix, et il est venu avec aussi un bouquin sur ses plus beaux discours. Quelques semaines après que des mecs se sont fait abattre avec des kalachnikovs dans une salle de spectacle, le mec arrive avec ça! On est encore dans la manipulation.»

A Champéry, Jérémy Ferrari sera plus décontracté. Il sera présent au Palladium aujourd’hui pour régler le grand gala de samedi soir. Puis il s’en ira avant de revenir jouer son spectacle en solo, tout à la fin du festival. Une manière de boucler la boucle de la 10e édition du Maxi-Rires.

INFO +

«Vends 2 pièces à Beyrouth», samedi 27 mai à 21 h 30 au Maxi-Rires Festival de Champéry. Infos et billets: www.maxi-rires.ch


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top