20.03.2017, 17:37  

A la Maison du Diable à Sion, l'intégration par la culture

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Maison du Diable - La Fondation Fellini pour le cinéma pilote en collaboration avec la HES-SO un beau projet de médiation culturelle. Avec au bout de la démarche, une exposition à découvrir en avril.

L’image, par l’immédiateté de sa compréhension, est - peut-être plus encore que la musique - constitutrice de lien social. Partout sur terre aujourd’hui, on capte les moments-clé de l’existence, on documente sa vie, celle des proches. C’est forcément le cas de ces jeunes, arrivés en Valais il y a quelques semaines ou quelques mois de Somalie, d’Afghanistan ou d’Erythrée. Dans les portables, la mémoire à vif de leur exil. Mais là, dans cette après-midi déjà douce en vieille ville de Sion, l’image porte autre chose. Elle n’ancre pas le souvenir, elle porte les germes d’un futur possible.
C’est là toute la beauté du projet de médiation culturelle porté par la Maison du Diable à Sion (MDD), siège de la Fondation Fellini pour le cinéma et un groupe d’étudiantes en travail social de la HES-SO. Depuis novembre, une dizaine de jeunes réfugiés encore mineurs s’initient à la photographie et au cinéma, à la théorie comme à la pratique. «Aujourd’hui, ils constituent un roman photo sur la base d’un scénario, à l’aide d’appareils polaroïdes. C’est un bon exercice de devoir faire avec cette limitation du nombre d’images possibles», explique Nicolas Rouiller, directeur de la MDD. 

Se sentir appartenir à un lieu
Dans l’un des deux groupes du jour, Ayan * et Javid * répartissent les rôles. Au premier l’appareil, au second le personnage principal, tout juste arrivé en ville qui souhaite visiter le château mais s’en voit dissuadé par une passante (l’étudiante en travail social Elise Taiana) qui lui explique qu’il est hanté. On débat, on parle cadrage en français, en anglais, on rit aussi des petites incompréhensions. On échange un mot ou deux avec des passants curieux et on visite la ville. «Il y a un peu tout cela dans ce projet, c’est vrai, expliqueEmmanuelle Caravaglio, deuxième étudiante du groupe. Ces jeunes, malgré la barrière de la langue et une existence permettant difficilement de se projeter dans un projet qui s’inscrit dans la durée, ont été touchés par la démarche et le fait qu’on leur propose des activités en dehors des cours de français et d’apprentissage qu’ils suivent.»

*prénoms d'emprunt

Retrouvez ce reportage dans son intégralité dans nos éditions papier et numérique de ce mardi 21 mars.


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