03.10.2017, 00:01  

«Numérisation sociale» réclamée

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L’un des enjeux importants, selon les syndicats, est le respect de la vie privée. Ils craignent qu’avec le travail  à domicile et la connexion constante, la frontière entre travail et loisirs tende à s’estomper.

 02.10.2017, 23:41   «Numérisation sociale» réclamée

Face à la numérisation galopante qui remet en question les modèles économiques, il faut agir, ont affirmé hier les syndicats Unia et Union syndicale suisse (USS). Faire en sorte que l’évolution technologique profite aussi à l’individu et pas uniquement au capital: c’est l’objectif des deux organisations. «La numérisation peut être aménagée», affirme Vania Alleva, présidente d’Unia. Elle réclame un...

Face à la numérisation galopante qui remet en question les modèles économiques, il faut agir, ont affirmé hier les syndicats Unia et Union syndicale suisse (USS). Faire en sorte que l’évolution technologique profite aussi à l’individu et pas uniquement au capital: c’est l’objectif des deux organisations. «La numérisation peut être aménagée», affirme Vania Alleva, présidente d’Unia. Elle réclame un débat et un «pilotage politique». Pour que les salariés bénéficient aussi des progrès de la productivité, des conventions collectives de travail (CCT) plus fortes sont nécessaires, selon Vania Alleva. Il faut aussi lutter contre les nouveaux modèles de dumping social «qui font des employés des pseudo-indépendants et les privent de leurs droits».

La présidente d’Unia évoque notamment les sociétés de services en ligne comme Uber, «qui veulent faire porter tous les risques aux salariés». L’entreprise ne paie aucune cotisation aux assurances sociales, pas d’assurance-accident, pas de vacances et ne verse pas de salaire en cas de maladie, déplore Vania Alleva. «C’est illégal», ajoute-t-elle.

Bénéfices pour les employés

Parallèlement à une extension des CCT, Unia réclame un droit à la formation continue «et à la réorientation professionnelle lorsque les branches et les profils professionnels changent». Et les employés doivent bénéficier des gains de productivité, par des hausses de salaire ou des réductions du temps de travail.

Le secrétaire central de l’USS Luca Cirigliano s’est lui penché sur la notion de contrat de travail, car certaines sociétés prétendent qu’elles ne sont pas des employeurs et ne font que fournir des services. Après une analyse, il indique que les rapports de travail sont tout à fait ordinaires. «Souvent, les modèles qu’encourage la numérisation sont des phénomènes de précarisation connus depuis longtemps: indépendance fictive, travail sur appel et location de services.»

Légiférer?

D’après Luca Cirigliano, les décisions prises par les autorités – contre le service de taxis Uber ou celui de livraisons notime – montrent que les bases légales peuvent être appliquées aux rapports de travail du numérique. Pour le syndicat, il n’y a donc pas lieu de légiférer en la matière. Mais il faut que la législation soit mieux appliquée et davantage de contrôles effectués pour lutter contre le travail au noir que cache la numérisation.

L’USS exige aussi une nouvelle réglementation concernant le travail à domicile, où il existe des lacunes au niveau de la protection du salarié. L’organisation souhaite que soient instaurées des CCT avec des salaires minimaux et des possibilités de formation dans les branches à risques comme celle des taxis. L’USS requiert par ailleurs des impôts sur le bénéfice des sociétés adéquats, qui permettent de financer la formation.

De son côté, syndicom revendique un droit au travail pour tous. L’organisation propose aussi de transformer les caisses de chômage en caisses de formation. Selon une étude du syndicat, un million de personnes en Suisse ont déjà eu une expérience professionnelle en lien avec les plateformes numériques. Et plus de 100 000 individus tirent leur principal revenu de ces plateformes. ats

Des milliers de milliards

L‘économie numérique avance rapidement. Le chiffre d’affaires mondial du commerce électronique a atteint en 2015 plus de 25 000 milliards de dollars et les exportations d’imprimantes 3D devraient être amultipliées par 15 en moins de 5 ans, dit un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Ats


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