30.09.2017, 00:01  

Initiative pour une prime unique

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Initiative pour  une prime unique

 30.09.2017, 00:01   Initiative pour une prime unique

Par par Christiane IMsand

Les refus successifs de la caisse unique et de la caisse publique n’ont pas découragé les conseillers d’Etat Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Mauro Poggia (MCG/GE). Ils sont les chefs de file d’une nouvelle initiative populaire destinée à reprendre en main le système d’assurance maladie. Soutenue par un comité interpartis essentiellement romand, l’initiative «pour une liberté d’organisation des cantons»...

Les refus successifs de la caisse unique et de la caisse publique n’ont pas découragé les conseillers d’Etat Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Mauro Poggia (MCG/GE). Ils sont les chefs de file d’une nouvelle initiative populaire destinée à reprendre en main le système d’assurance maladie. Soutenue par un comité interpartis essentiellement romand, l’initiative «pour une liberté d’organisation des cantons» propose de confier aux cantons et non plus aux assureurs la compétence de fixer le montant des cotisations.

Ce n’est pas un hasard si les initiants ont choisi le lendemain de la publication des primes 2018 pour lancer leur campagne. Ils comptent sur le ras-le-bol de la population pour arriver à leurs fins. La récolte des 100_000 signatures requises débutera mardi prochain.

La dernière tentative de remettre en cause le rôle des assureurs s’est soldée en 2014 par le rejet de l’initiative pour une caisse maladie publique, balayée par l’opposition alémanique avec une majorité de 61,8% des suffrages. Fort du vote romand favorable au projet, un collectif lémanique a décidé de remonter au front sur une base nouvelle. Son idée: chaque canton serait libre de créer une institution cantonale d’assurance maladie chargée de fixer les primes, de les percevoir et de rembourser les prestations médicales. La prime serait la même pour tous les assurés d’une même région, le rôle des assureurs se réduisant aux tâches administratives.

économies possibles

«Nous avons tenu compte des leçons du passé», souligne Pierre-Yves Maillard. Nous sommes passés d’un modèle national à un modèle cantonal. C’est une condition de succès sine qua non par rapport aux cantons alémaniques qui ont des primes inférieures à la moyenne. Les cantons seront libres de maintenir le système actuel s’ils le souhaitent.» Selon Mauro Poggia, le nouveau modèle ne serait pas seulement plus transparent, mais aussi meilleur marché. «On pourrait réduire de moitié le montant des réserves, car elles ne seraient plus fluctuantes, le système de compensation des risques deviendrait superflu et il n’y aurait plus de coûts de courtage.»

Le fondateur de la caisse-maladie Assura, Jean-Pierre Diserens, apporte un soutien inattendu au projet. Selon lui, «le paradoxe du système actuel est que plus une caisse acquiert d’assurés, plus elle s’appauvrit, car il faut reconstituer les réserves restées dans l’ancienne caisse. Ce projet est le meilleur compromis qui puisse être proposé aux assureurs.»

Röstigraben à surmonter

Ce point de vue n’est pas majoritaire dans la branche. «On va gaspiller beaucoup de temps et d’énergie en créant un nouvel échelon administratif qui ne freinera en rien la hausse des coûts de la santé», affirme Christophe Kaempf, porte-parole de la faîtière des assureurs Santésuisse. Réponse de Mauro Poggia: «Cet échelon supplémentaire aura un coût, mais il sera très inférieur aux économies réalisées grâce à l’élimination des frais de courtage et des frais de mutation. Chaque changement de caisse coûte plus de 200 francs.»

Reste à convaincre l’opinion. Le comité d’initiative va de l’avant sans réel ancrage en Suisse alémanique, exception faite de quelques personnalités isolées. Il peut compter sur le soutien du PDC et du MCG genevois, des sections socialistes romandes, de la Fédération romande des consommateurs et du Mouvement populaire des familles. Quelques PLR vaudois sont aussi dans le comité, ainsi que les conseillers d’Etat socialistes fribourgeois Jean-François Steiert et Anne-Claude Demierre.

Aucun parti national n’est de la partie, pas même le Parti socialiste suisse, qui serait le plus susceptible de se lancer dans une telle bataille. «Nous regardons ce projet d’un bon œil, mais notre propre projet d’initiative est prioritaire», indique le porte-parole du parti Gaël Bourgeois. «Notre objectif est de limiter le poids des primes à 10% du revenu disponible d’un ménage.»

Pierre-Yves Maillard et Mauro Poggia (à gauche) sont les chefs de file de l’initiative lancée hier. Keystone


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