04.10.2017, 00:01  

Bataille à venir contre le lobby des assureurs

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L’initiative «Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie»  devra compter 100000 signatures d’ici au 3 avril 2019.

 04.10.2017, 00:01   Bataille à venir contre le lobby des assureurs

les partisans de l’initiative «Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie» peuvent dire merci au nouveau conseiller fédéral Ignazio Cassis. Grâce à lui, ils disposent d’une véritable incarnation des liens d’intérêt entre les assureurs et le monde politique. Jusqu’à son élection, l’ex-conseiller national tessinois était président de la faîtière Curafutura, qui fédère la CSS, Helsana, la CPT et Sanitas. C’est...

les partisans de l’initiative «Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie» peuvent dire merci au nouveau conseiller fédéral Ignazio Cassis. Grâce à lui, ils disposent d’une véritable incarnation des liens d’intérêt entre les assureurs et le monde politique. Jusqu’à son élection, l’ex-conseiller national tessinois était président de la faîtière Curafutura, qui fédère la CSS, Helsana, la CPT et Sanitas. C’est précisément ce mélange des rôles dont les initiants ne veulent plus. S’ils gagnent leur pari, toute fonction dirigeante dans une caisse deviendra incompatible avec un mandat parlementaire.

Composé de représentants des milieux politiques et associatifs romands, le comité d’initiative doit recueillir 100 000 signatures d’ici au 3 avril 2019 pour que la question soit soumise au peuple. La récolte des paraphes a débuté hier.

Un comité quasiment similaire est derrière l’initiative pour des compétences accrues aux cantons dans le domaine de l’assurance maladie. Les deux projets sont soutenus par les conseillers d’Etat Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Mauro Poggia (MCG/GE) ainsi que par leurs homologues fribourgeois Jean-François Steiert (PS) et Anne-Claude Demierre (PS).

Syndicats aussi représentés

Le parti socialiste a déjà apporté son soutien à la nouvelle initiative lors de sa dernière assemblée des délégués. Il s’est indigné que les deux présidents des Chambres fédérales soient payés par le Groupe Mutuel.

Le conseiller national Jürg Stahl (UDC/ZH) appartient à la direction du Groupe Mutuel alors que le conseiller aux Etats Ivo Bischofberger (PDC/AI) siège dans un groupe de réflexion du même assureur. C’est aussi le cas du conseiller national neuchâtelois Raymond Clottu (UDC). «Les syndicats sont aussi largement représentés dans les travées du Parlement et cela ne me pose aucun problème. Les échanges auxquels je participe au sein du groupe de réflexion du Groupe Mutuel m’aident à me forger une opinion, mais je ne vote pas en fonction des desiderata des caisses. Par ailleurs, je suis juste défrayé. Cette initiative se trompe de cible car elle n’aura aucun effet sur les coûts de la santé». Pour Jean-François Steiert, le problème se situe ailleurs. «Il s’agit d’une question institutionnelle», explique-t-il.

«Les dirigeants de la Poste et des CFF ne peuvent pas siéger au Parlement fédéral car on estime qu’il y a incompatibilité entre cette tâche publique et un mandat de parlementaire. Le surveillé ne peut pas être le surveillant. Cela reviendrait à confier au braconnier la tâche de surveiller le garde-chasse. Il devrait en aller de même pour les personnes qui siègent dans les organes de direction des caisses ou des entités qui leur sont liées».

Tout est public

La démonstration ne convainc pas santésuisse. Pour son porte-parole Christophe Kaempf, «interdire aux représentants des assureurs de siéger au Parlement créerait un déséquilibre, puisque ceux de la Pharma ou des fournisseurs de prestations comme les médecins ou les hôpitaux resteraient autorisés. Les liens d’intérêt sont publics. Les parlementaires restent libres de leurs opinions, mais il nous incombe de les informer sur les conséquences de leurs décisions».

Une pléthore de liens d’intérêt

Selon un décompte du «Sonntagsblick» effectué cet été, il y aurait sous la Coupole 38 représentants des assureurs maladie, 30 de la pharma, 115 des fournisseurs de prestation et 46 des patients. cim


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