06.02.2017, 00:01  

Classique à la bonne franquette

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 05.02.2017, 23:48   Classique à la bonne franquette

Par agathe seppey

ÉVÉNEMENT La troisième Folle journée a occupé le Crochetan samedi. Immersion dans une bulle où la grande musique se laissait approcher sans gêne et par tous.

Le plongeon est instantané. Le pas de la porte à peine franchi, vous tombez nez à nez avec trois musiciens en action et un public vivement animé par le rythme d’un traditionnel balkanique. Vous grimpez quelques marches cachées et découvrez Fabien Girard en chaussettes, comme à la maison, qui enflamme son saxophone au fond d’une mince loge. Plus tard,...

Le plongeon est instantané. Le pas de la porte à peine franchi, vous tombez nez à nez avec trois musiciens en action et un public vivement animé par le rythme d’un traditionnel balkanique. Vous grimpez quelques marches cachées et découvrez Fabien Girard en chaussettes, comme à la maison, qui enflamme son saxophone au fond d’une mince loge. Plus tard, dans la chaufferie du bâtiment, les notes étonnantes d’un duo voix-alto se marient aux bruits des machines dans une atmosphère énigmatique.

Ce jeu de pistes musical hors du commun a pu être vécu, samedi à Monthey, par les visiteurs de la troisième Folle journée. Dans un Crochetan accessible dans ses moindres recoins, la Musique classique a enfilé ses habits les plus décontractés et s’est dévoilée en toute simplicité à des centaines de spectateurs.

Belle proximité

Des concerts durant un jour entier, donnés par douze musiciens placés dans une grande proximité avec l’audience: le concept de la Folle journée est riche et séducteur. «J’ai l’impression que j’ai invité ces deux artistes dans mon salon et qu’ils jouent pour moi», confie le spectateur Alexandre Schafer. Quelques minutes avant, il se laissait enchanter par le morceau à quatre mains des pianistes Lia Hakhnazaryan et Andreas Franz, durant lequel le public était amené à se poster à même la scène, à quelques centimètres des artistes.

En effaçant soigneusement la distance entre les auditeurs et les musiciens, c’est toute l’image du classique qui s’en trouve changée. Andreas Franz explique joliment: «Nous voulons proposer une approche dépoussiérée de la musique.»

Créer ensemble

Mais, avec la Folle journée, c’est aussi la proximité entre les artistes – des professionnels tous étroitement liés à Monthey – qui est sublimée et renforcée. Entre deux prestations de ce marathon musical, l’altiste Elise Lehec précise: «Il y a beaucoup d’amitié entre nous. Nous nous côtoyons pour d’autres projets durant l’année et sommes très connectés.» Ces artistes profitent de l’événement bisannuel de la Folle journée pour s’éclater ensemble. «Nous montons toute la manifestation en concertation; chacun a son mot à dire et livre ses idées», note l’altiste.

De cette mise en commun résulte un programme où les styles se complètent. Cette année, Bach, Rachmaninov, Morricone et Gershwin ont fait vibrer les murs du Crochetan, tout comme d’autres compositeurs moins connus du grand public. Karine Barman, administratrice de la Folle journée, souligne: «Nous voulions que les gens puissent découvrir le plus de genres musicaux. De plus, certaines pièces contemporaines passent mieux dans des lieux peu conventionnels.»

Ouverture, dynamisme et rupture de codes: l’esprit de la Folle journée reflète on ne peut mieux celui de sa ville hôte. Pour Lorenzo Malaguerra, directeur du Crochetan, «cet événement participe d’une couleur que nous voulons donner à Monthey: celle d’une culture insolite et un peu impertinente».

En voyant ce qui se déroulait le même week-end au Kremlin(voir encadré), on ne peut que confirmer que c’est bien le cas.

milf: Ambiance électrique au kremlin

A quelques dizaines de mètres du Crochetan régnait un même souffle de frénésie, mais dans un style tout autre: avec le MILF Festival, le Kremlin a célébré ses deux ans à coup de moments absurdes, sexys, poétiques, endiablés et surtout très drôles. Vendredi, une performance soft de Shibari, forme de bondage japonais, a touché un public très respectueux plongé dans des instants hors du temps. Puis, le drôlement charismatique Rummelsnuff, icône de la scène underground berlinoise, a fait exploser cette ambiance feutrée par un concert d’électropunk-musette. Bourré d’une énergie pleine de dérision, il a conquis des spectateurs ultra-motivés. Samedi, les zygomatiques ont beaucoup (beaucoup) bossé lors de la projection d’«A la recherche de l’ultra-sex» (2015), parodie hilarante de films érotiques vintage. «Il tourne en dérision des sujets un peu tabous et cela fait péter le tout», livre, conquis, un spectateur après la séance. Pour clore le festival dans cette même extravagance, les musiciens de The Jackets, groupe bernois, ont fait rugir leur wild-garage-punk avec passion. Au total, le MILF a attiré près de 200 personnes. «Nous sommes très contents et trouvons cela respectable au vu de la programmation», confie Philippe Battaglia, président du Kremlin. AS


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